A Paris, le passage de la flamme tourne au fiasco
Encadré par un dispositif très impressionnant de forces de l'ordre, le parcours parisien de la flamme olympique, arrivée à destination vers 17h15, a été émaillé d'incidents lundi. Malgré une présence policière record, le symbole olympique a eu bien du mal à se frayer un passage dans la capitale et a été régulièrement placé dans un bus sécurisé pour le protéger de nombreux incidents entre policiers et militants pro-tibétains. Le relais de la flamme a été interrompu avant son terme sur demande des autorités chinoises.
Des le début de parcours, à 12h35 à la Tour Eiffel, Sylvain Garel, président des élus verts au conseil de Paris, a tenté au cri de "Liberté pour le Tibet" d'arracher la flamme à son premier porteur, l'athlète Stéphane Diagana. Les policiers qui entouraient l'athlète l'en ont immédiatement empêché et l'ont ceinturé.
C'est en effet Stéphane Diagana, ancien champion du monde du 400 m haies à Athènes en 1997 et président de la Ligue nationale des athlètes français, qui avait donné lundi midi à la tour Eiffel le départ du parcours de la flamme à travers Paris.
La progression du parcours a été chaotique, des hommes et des femmes tentant tout du long de s'allonger sur la chaussée, avant d'en être délogés de façon plus ou moins musclée par la police, qui avait reçu pour consigne d'arracher les drapeaux tibétains brandis sur le parcours.
Selon le ministère de l'Intérieur, 18 personnes ont été interpellées lundi sur le parcours. Une autre source a précisé que toutes avaient été relâchées en fin de journée sauf une, placée en garde à vue.
Quelques heurts ont opposé à plusieurs reprises ces manifestants pro-Tibet à d'autres, qui brandissaient de leur côté des drapeaux rouges de la Chine populaire. Le service d'ordre chinois était d'ailleurs omniprésent autour de la flamme et des relayeurs. Le champion olympique David Douillet s'en est agacé car, au moment de passer le relais, il en a été empêché pendant plusieurs minutes.
Symbole du désordre qui a régné toute la journée, la torche avait auparavant été momentanément éteinte, "en raison d'un problème technique sur le porte-flamme", a-t-on déclaré à la préfecture de police. L'événement rare s'est produit alors que le relais passsait sur la rive gauche de la Seine près d'Issy-les-Moulineaux.
A la Tour Eiffel, des militants alpinistes de Reporters sans frontières (RSF), ont déployé un drapeau noir sur lequel des menottes figurent les anneaux olympiques, et d'autres se sont enchaînés pendant plusieurs heures à la structure d'acier du monument à 75 mètres du sol, avant d'être délogés par les pompiers. Au passage de la flamme sur les Champs-Elysées, un autre drapeau noir de RSF a été déployé au troisième étage d'un immeuble de l'avenue. Un autre drapeau noir de RESF a été déployé sur le parcours dans un troisième lieu symbolique de la capitale: Notre Dame de Paris.
Toutes les étapes zappées depuis l'Hôtel de Ville
Les dernières étapes du parcours de la flamme ont été annulées à la demande des autorités chinoises. Après sa descente mouvementée des Champs-Elysées, la flamme olympique avait été mise de nouveau à l'abri dans un bus près du jardin des Tuileries, sous les huées du public. Elle devait rejoindre l'Hôtel de Ville, où un drapeau de RSF avait été déployé.
Ensuite, au lieu de passer par l'île de la Cité, le convoi est passé directement sur le quai des Grands Augustins vers l'Assemblée nationale, où les députés avaient décidé de suspendre leurs travaux au passage de la flamme pour manifester leur solidarité aux Tibétains. Une quarantaine de députés de tous les groupes politiques ont manifesté, ceints de leur écharpe tricolore, dans l'enceinte du parlement, dans le jardin donnant sur le pont de la Concorde. Tous ont scandé "Liberté pour le Tibet", avant d'entonner la Marseillaise.
Sur demande des autorités chinoises, excédées, les derniers relais de la torche olympique dans les rues de Paris ont été annulés, la flamme gagnant directement en bus le stade Charléty, son terminus à Paris, où elle est arrivée peu avant 17h30. La flamme, contenue dans une lanterne, a alors été descendue de l'autobus pour rallumer la torche, confiée à un relayeur. L'ancienne nageuse Christine Caron a allumé une vasque.
A Paris, le président de la communauté tibétaine de France, Thupten Gyatso, s'est félicité des manifestations sur le parcours parisien, y voyant "un très grand succès".
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