Film réalisé par Pascale Ferran. Prix Louis Delluc 2006.
Un des 3 meilleurs films de l'année 2006
C'est une histoire d'apprivoisement entre deux êtres que tout sépare, qui doivent en quelque sorte constamment refaire connaissance pour accéder l'un à l'autre.
La première rencontre, scène cruciale et très belle, se déroule dans la lumière frissonnante de l'automne. Constance surprend Parkin torse nu, en train de se laver près de sa bicoque au milieu des bois. Elle fuit, éperdue, choquée comme peut l'être une femme de son époque et de sa condition, mais aussi profondément troublée. Dès ce premier regard, tout est dit, la transgression, la force et l'incongruité du désir. C'est vers ce corps étranger, vers cette présence que Constance avance désormais, de plus en plus près, d'une échappée à l'autre.
A l'image de Parkin (Jean-Louis Coulloc'h, formidable présence), au visage bourru et fatigué, au physique terrien, chacune des étreintes est étonnante. La cinéaste réussit l'exploit d'être à la fois lyrique, délicate et crue. Les corps s'empoignent, se mélangent, et pourtant gardent intacte une ineffable et secrète intimité. On regarde naître un dialogue physique, qui s'affine et s'enrichit peu à peu. Pascale Ferran établit avec ses personnages une sorte d'empathie respectueuse, comme lorsque autrefois elle évoquait le deuil (Petits Arrangements avec les morts) ou les questionnements d'une génération (L'Age des possibles).
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